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Je ne suis quun pirate



Je ne suis qu’un pirate aux allures gentilshommes
Et crache à votre face mon mutisme écorché
Je camoufle sous mon masque ma débordante vergogne
Mais vous n’en avez trace, mes mots sont si légers.

Je prend mon bain de foule dans vos villes livides
Je saisis des regards qui paraissent insipides
Et je les dissimule dans ma cape de lin
Comme un habit de houle sous la brise au matin.

Je cache des parfums, des couleurs, des musiques
Les cales m’attendent au port du dédain sublimé
Et je file discret tel un rat dans sa Suite
Et sans me retourner, je ne veux rien gâcher.

Et lorsque je vous parle quand il fait un peu tard
Je ne suis plus ici hormis mon corps putride
Je vogue à la recherche de la douce Atlantide
Ou ancre et me repaît près de Madagascar…

Je ne suis qu’un pirate qui croise les artères
Des esbroufes nuptiales ou halètent les soupirs
Où des jeunes bourgeoises s’enroulent de mystères
Dans les draps des légendes afin de s’en vêtir.

Je m’éclipse en anguille quand le mâle ventru
Revient de son labeur tout en comptant ses sous
Une usuelle bise sur son épouse nue
Qui revient du voyage ou seul l’amour est fou.

Je ne manque à personne car je ne suis qu’un mythe
Mes amantes n’ont pas de fièvre nostalgique
Je me laisse porter par les eaux atlantiques
Avant de faire escale près d’un cœur acolyte.

Je ne puis me montrer, ma tête est mise à prix
Par la bonne volonté des gens de bonnes augures
Mais s’il faut en prélude que je donne gageure
Attendez à la lune et rêvez-moi ici.

Je ne suis qu’un pirate qui se retrouve à flot
Quand la bêtise emballe les foules du royaume
Je ne suis qu’un marin que l’on mène en bateau
Quand l’entente se fable d’un différent idiome.

Les étoiles me repèrent, acceptent mes louanges
Et donne la direction de mon futur chemin
Evacuent devant moi les diables et les anges
Et me convient au sein d’un fabuleux festin.

Quand mes fonds diminuent, quand l’émotion se tasse
Je retourne accoster au port de vos cités
Peut-être étais-ce moi, cette ombre dans l’impasse
A guetter des soupçons de légères voluptés

Si vous ne preniez garde il pourrait arriver
Que vous me rencontriez sans me reconnaître
Mais c’est par vos sourires que je puis exister
Si vous ne me croyez plus, je ne pourrais renaître…

Je ne suis qu’un pirate qui fantasme de larges
Pour pouvoir se permettre d’enlever ses gants blancs
Naviguer dans les vagues au creux d’une mer sage
Avec dans ses soutes du bonheur pour dix ans.



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